Rétrospective d’un tartan


l'artisanat, la teinture végétale, le tissage, les Fibres / jeudi, juin 6th, 2019

Depuis l’acquisition du métier à tisser, j’ai réalisé trois pièces. Trois projets personnels en lien avec des objectifs d’apprentissage que je m’étais fixés. Le premier objectif répondait au besoin « viscéral » de mise en pratique suite à cette semaine de formation à Oléron… Mais en creusant un peu, je ressentais un autre besoin, puissant, avec cette première création. Celui d’exprimer ma représentation pudique mais affirmée du tissage. Intimement liée à l’intimité et au féminin. Aussi, j’y mêlais les premières notions techniques acquises, aux apports et mélanges de textures que j’aime particulièrement utiliser avec le tissage sur métier de table.

Pour le second projet, c’est autour de l’inspiration suscitée par le tableau « Ilmatar » du peintre finlandais Joseph ALANEN que j’ai travaillé en créant les couleurs en teinture végétale contrairement au premier projet où je me suis contentée de piocher dans mon stock de fils que j’avais, pour la plupart, préalablement teints. Techniquement, j’ai souhaité m’inscrire davantage dans une démarche de création textile artisanale en favorisant le rythme, le motif et la régularité.

J’en arrive au thème principal de cet article et donc au dernier projet textile qui devait, en premier lieu, me permettre de travailler sur mes erreurs (les fils qui se rompent, particulièrement), puis sur l’organisation des fils de chaîne et le choix de l’armure pour la trame afin de réaliser le motif écossais. Il me fallait également me concentrer sur la propreté et la régularité des lisières et enfin, continuer de bosser sur le frappé et le rythme. Au cours de ce travail de longue haleine, je ne pouvais que constater que « ça venait » : aucun fil ne s’est cassé, les lisères sont propres et le résultat est en effet… écossais !

Joie ! Surprise aussi d’être, à la fois, l’actrice et la spectatrice de ce travail du fil qui devient lentement tissu.

Mais au fait, pourquoi le tartan ? C’est vrai, ça ! Pourquoi vouloir fabriquer une étoffe à carreaux ?

En dehors de l’aspect technique plutôt très intéressant à mon niveau, j’ai toujours été fascinée et mon oeil systématiquement charmé par ces motifs rappelant les peuples et traditions celtes et côtoyant de très près la génération punk puis la (ma) génération grunge. Tu noteras, cependant, que les teintes sélectionnées pour cette pièce la rendent bien moins rock ! On dira que c’est juste « punky » 😉

Bon, tu veux voir ce que cela donne ? C’est parti et j’espère que cela te plaira.

Avant toute chose, il a fallu sélectionner des fils, cette fois, pas de teinture végétale.
Gros crush pour ces fils de cachemire, de mérinos et baby alpaga et leurs teintes merveilleuses. Bordeaux, pêche et bleu électrique.
Et puis monter la chaîne (6 fils/cm soit 420 fils)



On est parti avec le pique-nique, l’appareil photo et on a fini par un petit shooting dans la forêt.

Le teeshirt ? C’est le Simone Badass de Julie Flamingo X The Simones. Inutile de préciser à quel point je kiffe son esprit, sa coupe et son éthique. Moi qui n’achète désormais que très peu de vêtements neufs, je suis ravie de cet achat…mais…il est sold out !!

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8 réponses à « Rétrospective d’un tartan »

  1. Vraiment admirative de ta démarche, de ton travail et de ces 3 pièces. La dernière est bluffante au niveau du rendu. Elle est différente des 2 premières qui découlaient, dans mon ressenti, de tes « tissages artistiques ». Avec celle-ci, je suis impressionnée par la technique, sans parler du choix de couleurs qui est très beau.
    Quelle belle évolution! Hâte de voir la suite et quelle merveille tu vas nous faire avec ta formation supplémentaire.
    Je t’embrasse

    1. oh ma Del, touchée par ton message <3
      et je partage ton ressenti quant aux dimensions artistiques et techniques de ces 3 pièces. Merci. je t'embrasse moi aussi.

  2. C’est super de découvrir ta démarche pour chaque projet. Je rejoins Del sur les étapes de créations. Et puis cette dernière pièce, juste hallucinante. Mais comment arrives-tu à savoir où placer les fils pour un rendu écossais, un casse-tête non ? En tout cas continue à nous tisser de belle histoires de fibre…

    1. Coucou Emilie, en réalité, il faut anticiper, observer et calculer un peu. ce n’est pas si sorcier 🙂
      merci pour ton passage ici et ton petit mot, c’est trop chou et encourageant.

  3. Waouh il est magnifique ! Quel travail, je suis très admirative ! Quelle patience ! Et ce bleu… cœur cœur, cœur avec les yeux.
    Hâte de découvrir ta prochaine pièce.
    Quel plaisir te de lire à travers ton blog.
    Des bisettes

  4. je suis admirative de ton travail
    et de ce que la main de l’Homme arrive au faire !!
    je suis pour l’Artisanat et je dis OUI à ton projet et ta démarche !
    bravo à toi!!
    hâte de voir ta nouvelle pièce 😘😘

    1. Coucou Irena, ça fait tellement plaisir de constater que l’artisanat touche encore certaines personnes, et peut-être toujours un peu plus d’ailleurs… il me semble que cela fait partie des valeurs qui reviennent un peu sur le devant de la scène. Merci de faire partie de ceux-là.
      des bisous ma belle Irena.

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